Environ un demi-million de travailleur· eu·se s anglais· e· ont participé aux manifestations dans diverses villes du pays, le 1er février dernier. Ils· elles critiquent les récentes inflations massives, les salaires, les conditions de travail ainsi que la nouvelle loi antigrève.
Des augmentations de salaires à la baisse
C’est plus de 500 000 travailleurs· euse· s de divers corps de métier qui ont pris les rues pour exprimer leurs frustrations et leurs inquiétudes : le coût de la vie en général devient impossible à gérer pour un grand nombre de la population. Selon le ‘’Institute for Fiscal Studies’’, les professeur· e· s se considèrent sous-payé· e· s et surchargé· e· s. Cette profession voit ses salaires descendre de 9 à 10% en valeur réelle entre 2010 et 2022. Les expert· e· s annoncent une perte supplémentaire de 5% pour l’année 2023 seulement. Il faudrait une augmentation de salaire de 36%, entre ces deux années, pour garder un salaire stable, selon la Bank of England.
Une série de grèves de plus en plus grosses
La grève du 1er février est donc la 13ieme grève dans la dernière semaine seulement. On peut compter plusieurs jours de grèves pour les professeur· e· s, les ambulancier· ère· s, les physiothérapeutes ou encore le personnel des services judiciaires. Les conducteur· ice· s de transport en commun, comme les transporteur· ice· s de marchandise et le personnel de service sont également présents en grand nombre. Des milliers d’écoles sont fermées, dû au personnel qui demande de meilleures conditions de vie. Jusqu’à 85% des écoles d’Angleterres, et la grande majorité des trains anglais, sont présentement à l’arrêt.
Le gouvernement jette de l’huile sur le feu, avec une loi antigrève
Les événements ont été précipités par le gouvernement anglais, qui propose une nouvelle loi antigrève. Cette loi interdirait à de nombreux membres de la fonction publique, et d’autres métiers jugés comme essentiels, de pratiquer leur droit de grève.
« Ce gouvernement devrait avoir honte de la manière dont il gère les choses », dénonce Hannah Rice, une enseignante au primaire.
-Hannah Rice, enseignante au primaire
Le Congrès des syndicats de l’Angleterre dénonce une loi qui est « injuste, non-fonctionnelle et presque certainement illégale ». Cela rappelle les efforts de Margareth Thatcher, selon les syndicats anglais. Thatcher est réputée pour avoir brisé de nombreuses grèves durant ses mandats. Les syndicats ajoutent toutefois que, contrairement au Parti conservateur en place, elle avait le vent dans le dos.
Les syndicats s’en mêlent
Plusieurs expert· e· s affirment également que cette situation est en corrélation directe avec le taux de participation au sein des syndicats, qui est en baisse chaque année, et qui semble empêcher de nombreuses personnes de négocier leur salaire efficacement. Le taux de participation dans les syndicats anglais a descendu de moitié dans les 20 dernières années, mais ces derniers espèrent un retour de balancier, d’ici la fin de la décennie.
Une crise généralisée
Cette grève générale sera probablement suivie par de nombreuses autres. Les médias anglais appellent déjà cet événement « l’hiver du mécontentement ». Il est facile de comprendre le point de vue de la population, puisque ces problèmes structurels de notre société sont partagés partout en Europe, alors que le capitalisme est en crise.
